Altermondes






Transition sans bonnet



DEPUIS LE 28 OCTOBRE 2013 et le démantèlement du portique écotaxe de Pont-de-Buis, dans le Finistère, par quelques centaines de personnes, la Bretagne semble se résumer, pour les médias, au Mouvement des bonnets rouges. Certes, pour les Bretons, les raisons de s’inquiéter ou d’être en colère ne manquent pas. Que ce soit dans l’agriculture, l’agroalimentaire ou la pêche, le modèle productiviste de développement, qui a porté ces dernières décennies l’économie de la région, est à bout de souffle. L’élevage intensif, porcin ou avicole, après avoir pollué les nappes phréatiques, traverse une crise sans précédent, les fermetures d’abattoirs se succèdent. Pour un territoire qui a trop longtemps vécu dans la misère –comme le rappelle l’historien Louis Elegoët, dans ce numéro, « jusque dans les années 1950, la Bretagne accusait un véritable retard industriel »– le retour de boomerang est sévère. Cette analyse, juste, serait toutefois incomplète, si l’on en restait à l’écume des vagues et si l’on occultait la force du mouvement citoyen breton. Entre 55000 et 60000. C’est le nombre d’associations, tous secteurs confondus, qui seraient en activité en Bretagne. De petites associations, certes, mais ouvertes sur le monde et qui maillent l’ensemble du territoire, agissant au plus près des populations, jusque dans les plus petites collectivités. Alors, si le modèle de développement d’hier s’effondre, la transition n’en est pas moins déjà en train de s’expérimenter aux quatre coins de la région. Dans le domaine agricole, dans le domaine de l’énergie, dans le domaine de l’économie sociale et solidaire, dans le domaine de l’éducation, dans le domaine culturel... Et c’est pour toutes ces raisons que, dans ce numéro, nous ne vous parlerons pas du Mouvement des bonnets rouges. Nos confrères le font déjà suffisamment. Et il y a tant d’autres choses à dire sur la Bretagne, cette terre solidaire aux confins de la France. Bon voyage !




Dans le même numéro - sur le site :
Sommaire HS n°17
La Bretagne, irréductiblement associative
Agriculture, une transition inéluctable
« La langue permet de définir sa perception du monde »