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Amélie Nicaise - Starting Block

Marjorie L’Hostis - Starting Block



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L’éducation au développement pratiquée par les jeunes

PAR Amélie Nicaise - Starting BlockMarjorie L’Hostis - Starting Block


Les projets menés sur le terrain, dans les pays du Sud, participent à la construction d’un monde juste et solidaire. Tout comme l’éducation au développement, qui change, ici, les mentalités et les comportements. Les jeunes y jouent aussi un rôle essentiel.


« Accueillis par Jimmy Trotter, Globe-trotter extraordinaire, les enfants voyagent à travers des pays où ils sont sensibilisés à des thématiques telles que l’éducation, le commerce équitable, l’accès à l’eau, la santé et l’énergie… » Voici un exemple d’intervention en éducation au développement et à la solidarité internationale (EAD-SI) mise en place par la plate-forme grenobloise Partages (1). Celle-ci regroupe huit associations de jeunes dont Savoir Oser la Solidarité (SOS), l’association humanitaire de l’Ecole supérieure de commerce de Marion qui explique : « L’EAD-SI me semble très complémentaire des autres projets que mène SOS (2). Grâce à notre engagement, nous avons la chance d’être confrontés à de nombreuses problématiques, de découvrir d’autres pays, et ainsi d’élargir notre horizon. Quoi de plus normal que de partager cela avec les enfants, qui choisiront peut-être un jour d’agir à leur tour ? Et mieux vaut connaître son sujet : nous sommes toujours surpris par la curiosité des plus jeunes ! ».
L’éducation au développement et à la solidarité internationale, telle que définie par la plate-forme Educasol (3), « vise à changer les mentalités et les comportements de chacun afin deconstruire collectivement un monde juste, solidaire et durable. Elle informe non seulement sur les causes de la pauvreté et du mal-développement, mais elle éveille également l’esprit critique des citoyens et présente des alternatives et des propositions d’engagement accessibles à chacun ».

Ludique et participatif
C’est lors d’un stage international qu’une autre Marion, étudiante en IUP Aménagement du territoire, prend conscience « de l’écart qu’il y a entre les discours ici en France et les réalités des différents pays ». Avec quelques autres, elle crée, en 2000, l’association D’Jallaba (4) dont le projet initial était la préparation au départ des étudiants souhaitant faire un voyage solidaire. Petit à petit, les projets de l’association se sont diversifiés et s’étendent aujourd’hui de la maternelle (construction de jouets recyclés) à la maison de retraite (jeu de société sur le coton) ! Le point commun entre ces interventions : l’aspect ludique et participatif. Marion, quant à elle, a fait de son engagement associatif son métier puisqu’elle vient d’être embauchée par le Groupe de réflexion et d’animation pour le développement (GRAD), une association qui s’attache à soutenir la communication et l’information sur les problèmes relatifs au développement pour favoriser un meilleur dialogue Nord-Sud (5).
Les pratiques des jeunes sont à l’image des raisons de leur engagement dans l’EAD-SI : diverses et variées. Pour la grande majorité des associations de jeunes, les actions de sensibilisation restent un complément à leur projet de solidarité internationale. Un complément qui permet entre autres de mobiliser de nouveaux bénévoles, de faire connaître son projet et les enjeux qui le justifient, de partager sa découverte de l’altérité… C’est aussi parfois guidées par l’exigence des bailleurs, qui veulent des retombées locales à leurs financements, que naissent des vocations éducatives insoupçonnées et toute sorte d’animation où le meilleur côtoie parfois le pire… Cathy de l’association Sankana (6) met en garde : « l’impact d’un mauvais projet d’EAD-SI peut être aussi néfaste qu’un mauvais projet mis en place au Sud ! ».

Pas d’amateurisme
D’où l’importance de se former et de pouvoir s’appuyer sur des associations ressources, telles que le CCFD ou les centres de documentation et d’information du réseau Ritimo. Les week-end de formation, organisés dans le cadre du Réseau SENS (Sensibiliser ensemble) coordonné par Starting-Block, rassemblent deux fois par an une centaine de jeunes engagés dans des projets d’EAD-SI et signataires d’une charte commune qui précise notamment : « L’amateurisme, le misérabilisme et le simplisme nous semblent contradictoires avec une démarche éducative sincère et sérieuse. Nos interventions requièrent par conséquent l’organisation de temps de formation pour mûrir une approche cohérente pleinement consciente de ces écueils et renforcer nos compétences en tant qu’animateurs » (7). Ces rencontres sont l’occasion de bénéficier des conseils et outils de structures professionnelles mais aussi de mutualiser des expériences et construire ensemble de nouvelles animations.
Au-delà des classiques « expositions photo » et « projection-débat », les jeunes sont généralement conscients de l’importance de faire participer activement ceux que l’on veut sensibiliser… Jeux de rôles, photo-langage, théâtre-forum… Autant de moyens de faire réfléchir et échanger ! Quel que soit le support, c’est la même démarche, résumée comme ceci par Jean-Baptiste de l’association Kultures (8), à Caen : « mettre à la portée des jeunes des outils pour les aider à construire leurs pensées ».

(1) Plate-forme associative de réflexions, travail et animations à Grenoble pour des échanges de savoirs
(2) Savoir Oser la Solidarité mène des projets de développement et d’aide à l’enfance à Grenoble et dans différents pays (Pérou, Inde, Roumanie, Maroc…). Plus d’information : http://sos.assoces.com
(3) Plate-forme française d’éducation au développement et à la solidarité internationale (www.educasol.org)
(4) Plus d’information : http://djallaba.free.fr
(5) Plus d’information : www.grad-france.org
(6) Plus d’information : http://sankana.free.fr
(7) La Charte est consultable sur le site www.reseau-sens.org
(8) Plus d’information : http://asso.kultures.free.fr




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