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La flottille de la liberté Acte 2


Malgré le tollé international soulevé suite à l’assaut par l’armée israélienne d’une flottille affrétée par des militants pacifistes, le 31 mai 2010, le blocus de la Bande de Gaza, dont les conséquences sont dramatiques pour la population palestinienne, se poursuit. Dans de nombreux pays, des citoyens sont en train de se mobiliser. Ils préparent la Flottille de la Liberté II. Leur objectif : que leur gouvernement prenne enfin les mesures pour que soit levé le siège de la Bande de Gaza.


Dans la Bande de Gaza, la situation ne cesse de s’aggraver. Du fait des entraves imposées par Israel à l’importation de matières premières, de matériaux de construction et du fait des interdictions d’exporter, l’économie de Gaza est aujourd’hui asphyxiée et il est encore et toujours impossible de reconstruire les maisons, les écoles, les entreprises et les bâtiments publics détruits lors de l’attaque israélienne de décembre 2008-janvier 2009. Enfermés sur leur territoire, les Palestiniens ne peuvent plus ni circuler, ni travailler, ni étudier, ni visiter leur famille, qu’elle soit à l’étranger ou même en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. Selon les Nations unies, plus de 80% des familles de Gaza sont dépendantes de l’aide alimentaire et le taux de chômage atteint 39%, l’un des plus élevés au monde. Cette situation est bien le résultat d’une politique imposée par le gouvernement israélien. Depuis l’arrivée au pouvoir du Hamas en 2007, Israël a renforcé les restrictions à l’entrée et à la sortie de Gaza, déclaré « entité hostile », interdisant même de manière arbitraire l’entrée aux personnels humanitaires ainsi qu’à des missions de parlementaires voire de ministres étrangers. L’Etat israélien contrôle l’espace aérien, les eaux territoriales, la plupart des points de passage et d’autres aspects importants de la vie des résidents. En tant que puissance occupante, c’est donc à lui qu’incombe la responsabilité de garantir le bien-être des civils. Le blocus de la Bande de Gaza constitue une peine collective à l’encontre de 1,5 million de Palestiniens. Il est contraire au droit international.
De nombreux gouvernements et institutions internationales appellent à sa levée [1]. Cependant, ces déclarations ne s’accompagnent d’aucune pression sur Israël pour l’amener à respecter le droit international. Bien au contraire, des signes d’encouragement lui sont parfois envoyés comme, par exemple, sa récente intégration à l’OCDE. Et pourtant, le 20 juin 2010, c’est suite à une pression internationale considérable, conséquence directe du tollé soulevé par l’attaque contre la Flottille de la Liberté, que le gouvernement israélien a annoncé une série de mesures destinées à « assouplir » le blocus. Même si, quelques mois plus tard, l’« allègement  » est une réalité bien faible [2], il reste la preuve que les pressions peuvent conduire à des résultats tangibles. C’est tout le sens de la mobilisation internationale qui verra une dizaine de bateaux converger sur Gaza au printemps 2011 avec un message simple : « Mettre fin au blocus de la Bande de Gaza, au nom du droit international  ».

Par Emmanuelle Bennani-Caillouët - CCFD Terre Solidaire

Notes

[1] Déclaration du Conseil de l’Union européenne, décembre 2010 : « Rappelant ses conclusions de juin 2010, l’Union européenne reste extrêmement préoccupée par la situation qui règne à Gaza. Elle rappelle qu’elle demande l’ouverture immédiate, durable et sans condition de points de passage pour que l’aide humanitaire puisse parvenir à Gaza et que les marchandises et les personnes puissent y entrer et en sortir ».

[2] Lire notamment le rapport « Des espoirs réduits à néant  », publié par 26 ONG internationales dont le CCFD - Terre Solidaire, Handicap International, Oxfam International et la FIDH, en novembre 2010.




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