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Edito - Le coût de l’indifférence



Par David Eloy - Rédacteur en chef

11 septembre 2001. Al Qaïda lance des avions contre le World Trade Center et le Pentagone. Les Etats-Unis sont frappés au coeur. Les images font le tour du monde. La première puissance militaire du globe pose un genou à terre. La riposte ne se fait guère attendre. George W. Bush, alors président, déclare la guerre au terrorisme : « Tout Etat qui opte pour l’agression et le terrorisme en paiera le prix. Nous ne laisserons pas la sécurité de l’Amérique et la paix de la planète tomber à la merci de quelques terroristes, de quelques tyrans déséquilibrés […]. Comme la guerre contre le terrorisme exigera de la détermination et de la patience, elle exigera aussi une grande fermeté morale […] Nous sommes bel et bien dans un conflit entre le bien et le mal » [1]. La morale ne sera pourtant pas ce que l’Histoire retiendra de la décennie qui s’achève. Car si l’union sacrée nouée entre les Etats-Unis et leurs alliés pour lutter contre le terrorisme a permis d’éviter des drames, elle a surtout ouvert la voie à des violations massives des droits humains, ciblant particulièrement les musulmans. Autant que le nom d’Oussama Ben Laden, les noms d’Abou Ghraib et de Guantanamo ont des échos lugubres. 6 août 2011. L’agence de notation Standard and Poor’s dégrade la note de la dette souveraine américaine. L’annonce aux allures de séisme politique fait le tour de la planète. La crise frappe la première puissance économique du globe. A l’unisson, les Etats, soucieux de rassurer les marchés, promettent de s’engager résolument dans des plans d’austérité voire de les graver dans le marbre de leur constitution. Aux populations d’en assumer les frais… Au moment où les peuples du monde arabe se soulèvent et font tomber les tyrans au nom de la dignité, on peut s’interroger. Que retiendrons-nous dans dix ans de l’action de nos Etats ? La tyrannie des marchés n’a-t-elle pas suffisamment duré ? Le 29 janvier 2002, dans son Discours sur l’état de l’Union, George W. Bush prévenait, à propos de la lutte contre le terrorisme, que « le coût de l’indifférence serait catastrophique ». Et si c’était l’indifférence aux cris de révolte des populations, partout dans le monde, qui augurait du pire ?

Notes

[1] Extrait du discours de George W. Bush devant l’Académie de West Point, 20 septembre 2002.




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