Altermondes






Sommaire HS n°12



EDITO

Un monde nouveau, de nouvelles idées
Par David Eloy, rédacteur en chef d’Altermondes

1. COMPRENDRE LE G8 ET LE G20

Résistances citoyennes
De la mobilisation des sociétés civiles en marge des sommets des G8 et G20, les médias ne recherchent et retiennent souvent que les images d’affrontement voire de violence. C’est négliger la force de proposition des mouvements citoyens et oublier que le progrès naît souvent de résistances citoyennes. Témoignages.

Du G6 au G20 : petite histoire de sommets
Créé en 1975 pour apporter des réponses au premier choc pétrolier et à la fin de la parité or/dollar, le G8 s’est progressivement imposé comme un forum de discussion incontournable, exerçant un rôle d’orientation politique majeur.

« C’est comme inviter les nouveaux riches pour le café »
Créé en 1999 pour trouver des réponses aux crises financières des années 90, le G20 n’est devenu sommet des chefs d’Etat qu’en novembre 2008. Retour sur la genèse de cette instance avec Bertrand Badie, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris et enseignant-chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI).

Deauville : un festival de promesses
Fort d’une « petite » centaine d’engagements, les chefs d’Etat du G8 sont ressortis satisfaits du Sommet de Deauville qui s’est tenu les 26 et 27 mai dernier. La société civile, encore une fois peu consultée, s’est montrée moins enthousiaste.

Légitimité : 8 sur 20
Pour orienter la marche du monde, est-on plus légitime à vingt qu’à huit ? La question ne fait pas de doute pour les chefs d’Etat, surtout s’ils siègent au G20. Un constat nettement moins évident pour les sociétés civiles.

« Une métamorphose est nécessaire »
Confier à une poignée de pays la responsabilité de résoudre des enjeux internationaux n’est-ce pas délégitimer l’ONU ? Entretien avec Stéphane Hessel, ambassadeur de France et secrétaire de la commission ayant élaboré la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

La gouvernance mondiale est-elle crédible sans la société civile ?
N’en déplaisent aux dirigeants du G20, les Etats ne peuvent plus répondre seuls aux crises mondiales. Une réforme de la gouvernance mondiale s’impose, qui doit laisser sa place à la société civile. Pourquoi ? Comment ? Quelles difficultés pour y parvenir ?

Fonds mondial : la voix au chapitre
En intégrant la société civile, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme affiche un mode de gouvernance unique. Entretien avec Karlo Boras, directeur exécutif de Jazas, association serbe de lutte contre le sida.

TRIBUNE
Placer l’OIT au cœur des décisions
La présidence française du G20 s’est montrée ouverte au dialogue avec le mouvement syndical international. Si les gouvernements désirent réellement établir une gouvernance mondiale crédible, ils doivent replacer l’OIT au coeur des principales décisions sur l’économie mondiale.
PAR SHARAN BURROW | SECRÉTAIRE GÉNÉRALE DE LA CONFÉDÉRATION SYNDICALE INTERNATIONALE (CSI)

2. LES 6 PRIORITES A L’AGENDA DU G20

G20, les priorités de la présidence
La France accueille coup sur coup, la même année, le G8 et le G20. Si les priorités fixées par la présidence française sont intéressantes, force est de constater qu’elles s’inscrivent surtout dans une logique dictée par les prochaines élections présidentielles. Le G20 sera-t-il un tremplin pour un second mandat ?

- PRIORITÉ N°1 Réformer le système monétaire international

« Les autorités n’ont tiré aucune leçon de la crise »
Crise oblige, le G20 a fait de la refonte du système financier mondial une de ses priorités. Les gouvernements tardent pourtant à s’y mettre réellement. Décryptage avec Pedro Paez Perez, ex-ministre équatorien de l’Économie, président de la Commission technique présidentielle pour la Nouvelle architecture financière régionale (NAFR).

- PRIORITÉ N°2 Renforcer la régulation financière

Les mastodontes de la finance
Le G20 prétend avoir renforcé les règles applicables au secteur financier (Accords de Bâle III). Des mesures que beaucoup jugent pourtant trop timides pour encadrer certains mastodontes de la finance.

L’évasion fiscale, un principe philosophique
REPORTAGE LUXEMBOURG - En 2009, le G20 menaçait de sanctions les Etats et juridictions dites non coopératives (les paradis fiscaux) qui n’engageraient pas de réformes vers plus de transparence. Depuis, près de 600 accords d’échange d’informations fiscales ont été signés. Pourtant, la fraude et l’évasion fiscales continuent de prospérer.

- PRIORITÉ N°3 Lutter contre la corruption

Le partage des fruits de la corruption
REPORTAGE ALGERIE - La présidence française veut mener une action résolue pour la moralisation de la vie économique. L’Algérie, où les entreprises multinationales investissent, a signé la Convention des Nations unies contre la corruption. Est-ce suffisant ?

- PRIORITÉ N°4 Lutter contre la volatilité excessive des prix des matières premières

Les stocks d’urgence, une réponse incomplète
Une nouvelle crise alimentaire se dessine. En cause, la forte hausse et la volatilité des prix, exacerbées par la spéculation. Le G20 agricole a décidé de mesures pour accroître la transparence sur le marché des céréales et proposé un projet de réserves alimentaires d’urgence. Un premier pas… insuffisant.

Agriculture familiale et souveraineté alimentaire
Afin d’éviter l’exode massif vers les villes et les crises alimentaires, il est urgent d’investir dans le maintien et le renforcement de l’agriculture familiale, largement majoritaire dans le monde. Diffusion des pratiques agro-écologiques et investissement dans le développement rural constituent des chantiers prioritaires.

- PRIORITÉ N°5 Renforcer la dimension sociale de la mondialisation

Responsabiliser, de gré ou de force ?
Le G20 devrait, selon la présidence française, insister sur la dimension sociale de la mondialisation, le travail décent et la responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSEE). Mais il manque des pistes d’actions concrètes pour rendre ces promesses effectives.

Mikyung Ryu, une femme engagée
Coordinatrice internationale de la KCTU (Korean Confederation of Trade Unions), l’une des principales organisations syndicales sud-coréennes, Mikyung Ryu dénonce haut et fort l’hypocrisie de son pays, hôte du G20 en 2010.

Protection sociale : de l’audace !
Le G20 Emploi, qui s’est tenu les 26 et 27 septembre, a recommandé la mise en oeuvre de socles de protection sociale adaptés à chaque pays. Une véritable avancée. Introduction sur un enjeu du XXIe siècle suivi de reportages au Brésil et en Haïti.

0,4% du PIB pour un succès
REPORTAGE BRESIL - Mettre en place un socle de protection sociale pour garantir un accès pour toutes et tous à des services sociaux essentiels est une voie qu’explore le Brésil depuis 2003 avec la Bolsa Familia. Quel bilan en tirer, huit ans après ?

Le dilemme de l’urgence qui s’éternise
REPORTAGE HAITI - Les pays émergents ne sont pas les seuls à s’engager sur la voie de la protection sociale. Un an et demi après le séisme, plus de 600 000 sinistrés vivent toujours dans des camps, aux conditions d’hygiène dramatiques. Le nouveau président, Michel Martelly, a décidé de lancer un programme national pour la santé.

« L’éducation n’est pas une priorité actuellement »
Le socle de protection sociale promu par la présidence française vise à garantir l’accès pour tous à l’éducation. Réelle ambition ou voeu pieux ? Entretien avec David Edwards, vice secrétaire général de l’Internationale de l’Education.

- PRIORITÉ N°6 Agir pour le développement

Le développement, parent pauvre du G20 ?
« Le développement sera un deuxième enjeu majeur pour le G20. Je souhaite que notre double présidence fasse de l’Afrique sa priorité. » Tels furent les mots que Nicolas Sarkozy prononça lors de la conférence de presse du 24 janvier 2011. Un message porteur d’espoir pour la société civile ?

Tunisie : rompre avec les diktats
Une nouvelle page de l’histoire de la Tunisie s’est tournée. L’Assemblée constituante, élue le 23 octobre, doit plancher sur une nouvelle constitution, garante des droits fondamentaux et de la liberté pour le peuple de prendre en main le développement de son pays.

Quel financement pour le développement ?
C’est classique : les nouvelles idées sont plus séduisantes que les anciennes. Et si on ne peut qu’encourager la présidence française à défendre haut et fort la proposition de taxe sur les transactions financières, elle ne doit pas en revanche en profiter pour renier ses engagements en matière d’aide publique au développement, ou pour soutenir des politiques commerciales qui mettent en danger les populations du Sud.

À qui profite le commerce ?
G20 comme G8 sont intraitables : interdiction de prendre des mesures qui entraveraient la sacro-sainte libre circulation des biens et des services. C’est contraire aux règles de l’OMC et préjudiciable à la croissance. Et aux populations ?

La taxation sur les transactions financières, enfin ?
Les financements innovants pour le développement ont le vent en poupe. Les plus connus sont la taxe sur les billets d’avion qui finance Unitaid ou la Facilité de financement internationale pour la vaccination (IFFim). Du moins étaient les plus connus. Car, dans le cadre de sa présidence du G20, la France est devenue une ardente défenseuse de la taxation des transactions financières. Questions-réponses.

Un billet d’avion, des vies sauves
Entretien avec Nelson Juma Otwoma, coordonnateur du Réseau national kényan des personnes vivant avec le VIH/Sida (NEPHAK), qui siège au conseil d’administration d’Unitaid en tant que représentant de communautés vivant avec la maladie.

3. CE QUE NE DIT PAS L’AGENDA DU G20

La croissance est-elle la solution à la crise ?
Depuis 2008, le monde traverse une crise sans précédent. Le G20 de Cannes a fait de la croissance un de ses objectifs majeurs. Signe des temps, on parle de croissance verte, de croissance durable, de croissance inclusive. Lors du lancement de la présidence française du G20, en janvier, Nicolas Sarkozy déclarait : « L’ambition de notre présidence est simple : nous vivons dans un nouveau monde, nous avons donc besoin de nouvelles idées . » La croissance, cette vieille idée, peut-elle permettre de répondre aux enjeux du monde ? Débat.
PROPOS RECUEILLIS PAR DAVID ELOY | AVEC LA COLLABORATION D’ANTOINE CHAO

Avec :
- Jean-Paul Fitoussi directeur de recherche à l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) et coordinateur de la « Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social »
- Nasser Mansouri- Guilani directeur du Centre d’études économiques et sociales de la CGT
- Xavier Ricard directeur des partenariats internationaux du CCFD–Terre Solidaire
- Aurélie Trouvé économiste et coprésidente d’ATTAC

TRIBUNE
Le droit au développement n’est pas question de charité
Navanethem Pillay, Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, rappelle aux décideurs politiques qu’ils doivent s’assurer que dans les forums économiques clés, comme le G20, les droits humains – et donc les êtres humains– sont au premier plan. C’est ainsi que les objectifs de paix, de sécurité et de développement pour tous ont une chance d’être atteints.
PAR NAVANETHEM PILLAY | HAUT-COMMISSAIRE DES NATIONS UNIES AUX DROITS DE L’HOMME

Donner de la force aux droits
Les droits humains sont-ils voués à ne jamais être respectés ? Pas si sûr. La ratification du Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels pourrait changer la donne.

4. UNE MOBILISATION AU-DELA DE CANNES

Rendez-vous à venir
Entre le G20 de Cannes et le G20 au Mexique, en 2012, trois événements verront converger les mouvements citoyens : la conférence euro-africaine sur la migration et le développement, à Dakar (Sénégal), la conférence des parties à la convention des Nations unies sur le changement climatique, à Durban (Afrique du Sud), et la conférence sur le développement durable dite Rio + 20, au Brésil, au mois de juin.

- Durban : la « conférence des pollueurs » ?
Entretien avec Brian Ashley, directeur de l’ONG sud-africaine, AIDC, à propos de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique qui va se tenir à Durban, du 28 novembre au 9 décembre.
- RIO + 20 FAIT L’ÉCONOMIE D’UN BILAN
- 2012 : LE G20 ACCOSTE AU MEXIQUE

Paroles d’acteurs
La société civile n’est pas une abstraction. Elle est composée d’hommes et de femmes qui, envers et contre tout, se mobilisent pour les droits et la justice. A eux la parole pour clore ce numéro.

TRIBUNE
Le feu qui brûle dans nos ventres
Les défis auxquels est confrontée l’humanité sont considérables. Les solutions existent. Elles sont même parfois à portée de main. Comme le rappelle Angélique Kidjo1, en conclusion de ce numéro, c’est le manque de volonté politique qui affame les populations. Aux citoyennes et citoyens de réagir.
PAR ANGÉLIQUE KIDJO | CHANTEUSE | BÉNIN




Dans le même numéro - sur le site :
Edito - Chiche !
Hors-série n°12
Paco Ignacio Taibo II et la résistance citoyenne